A Lyon, les prix des restaurants pourraient augmenter
Terrasse de restaurant rue des Marronniers à Lyon (2ème fois) (photo d’illustration JEFF PACHOUD/AFP)
Autre coup dur pour les restaurateurs : la guerre en Ukraine. Après le Covid et le Brexit, ils ont de nouveau souffert de la hausse des prix de l’énergie et des matières premières. Résultat : augmentation des établissements lyonnais.
« il faut se battre pour le pétrole» explique Geoffrey Clavel, président de l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) de la Vallée du Rhône. Les matières premières ont déjà souffert de l’inflation lors de la pandémie de Covid-19. Cependant, depuis le début de la guerre d’Ukraine, le pétrole, les céréales et même la viande sont devenus d’un prix prohibitif.
« Il est actuellement impossible de trouver des huiles alimentaires au même prix», assure Geoffrey Clavel. Avec la guerre en Ukraine, l’huile de cuisine va passer de 1,80 euro à 5 euros le litre. Pour Gaétan Stevenin, chef exécutif des restaurants Pignouf et Choo Choo aux Brotteaux (6 arrondissement de Lyon), nous recherchons un Goût alternatif : »Si nous le pouvons, nous choisissons des variantes telles que l’huile de canola ou la graisse de boeuf« .
Geoffrey Clavel, Responsable du Pôle Café et Bistrot Umih du Rhône@Antoine Merlet
60% des restaurateurs lyonnais augmentent leurs prix
« La volaille explose, plus de 75% des poussins viennent d’Ukraine« , explique Gaétan Stevenin, qui a vu le prix du blanc de poulet presque doubler. Il n’y a donc qu’une seule solution : augmenter le prix sur le menu. Le président de l’UMIH du Rhône explique que 60% des restaurateurs lyonnais ont augmenté leurs prix : »C’est inévitable« .
Une hausse due à la récente hausse des prix en chaîne. Après le Covid, il a fallu redémarrer tous les fournisseurs en matière de restauration. Puis le Brexit a fait grimper les prix et le poisson est devenu »Inaccessible« Le chef exécutif Gaétan Stevenin doit parfois troquer le saumon contre du thon.
« 15% d’augmentation sur tous les plats, même dans les bistrots à proximité »
Jeffrey Clavier
Aujourd’hui, c’est la guerre en Ukraine qui a fait monter en flèche les prix de l’énergie et des denrées alimentaires. « 15% d’augmentation dans tous les plats« , commente Geoffrey Clavier. Désormais, les plats du jour lyonnais se situent en moyenne entre 12 et 15 euros »,même dans une taverne voisine« .
Les patrons ont toujours plus de dépenses
Nouvel obstacle pour les restaurateurs jusqu’à présent : hausse de l’échelle salariale à partir du 1er avril 2022. Il y a des problèmes de main-d’œuvre dans l’industrie, donc les salaires ont été augmentés avec le consentement du syndicat. Le patron a une autre dépense.
@Antoine Merlet
Les restaurateurs ont du mal à sortir du bois alors que les problèmes d’approvisionnement, d’énergie, de matières premières et de coûts de main-d’œuvre s’accumulent. « C’est une période très compliquée pour nous« C’est le signe que, désormais, les restaurateurs commencent à rembourser les prêts garantis par l’État qu’ils ont contractés pendant la pandémie », s’inquiète Jeffrey Clavier.
Alors pourquoi ne pas s’approvisionner localement ? La production française et locale est hors de question, selon le restaurateur : « Nous comptons toujours sur les produits étrangers« . La solution pour certains : du frais et du français. Si ça ne suffit pas, passez au surgelé et à l’UE.
