La pénurie de matières premières menace la nutrition animale
La farine se fait rare, les prix augmentent et la situation est tendue dans l’industrie de l’alimentation animale, également connue sous le nom de meuneries. Cette situation préoccupante touche directement les éleveurs, notamment ceux de la filière porcine. Explique.
Caroline Antic-Martin et Gaël Detcheverry (Lizzie Carboni) • Publié le 7 juillet 2022 à 17h06.
Au St Vincent Feed Mill du côté de Tamoa, le silo à blé devait contenir 750 tonnes de céréales mais était presque vide. Un classique triste et une situation récurrente récente. Point de discorde : La guerre en Ukraine et la pénurie qu’elle a créée.
Nous avons généralement un stock de sécurité d’un mois, mais en raison de problèmes d’expédition, cela a ajouté au problème d’approvisionnement en matières premières (…) tout le monde retourne ailleurs, y compris en Australie. Habituellement, nous commandions pour 6 à 12 mois, puis, petit à petit, nous apportions, mais ce n’est plus le cas.
Yves Jean-Baptiste, PDG du Groupe Saint Vincent
L’entreprise a de plus en plus de mal à sécuriser sa production annuelle d’aliments pour porcs, bovins, volailles et crevettes qui est de 20 000 tonnes par an. « Dans le grenier, on a vu qu’il restait cinq tonnes de blé. On allait recevoir deux ou trois conteneurs dans la journée, mais ce soir il n’y aura plus rien. Heureusement, un bateau est arrivé hier après-midi. » dit Yves Jean-Baptiste.
Il y a généralement une trentaine de conteneurs sur un navire, « Mais très nerveux. »
Les problèmes d’approvisionnement ont fait augmenter le prix des matières premières et du fret. En septembre, l’entreprise sera également contrainte d’augmenter de 15 francs le prix du kilo d’aliments pour porcs. Sachez que la taille moyenne d’un élevage porcin consomme 1000 tonnes par an, cela rajoutera 15 millions de francs au coût pour l’éleveur.
Certaines filières sont plus complexes, comme le porc, car les prix sont fixés par l’OCEF. « C’est plus compliqué que les éleveurs qui vendent librement sur le marché. Il y a urgence à réagir » a-t-il conclu.
Dans les mois à venir, le Groupe Saint-Vincent s’attend à des pénuries et à des hausses de prix pour la farine panifiable et le riz.
Reportage de Caroline Antic-Martin et Gaël Detcheverry.
