Bonne ou mauvaise idée ?


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  • Publié le 18 octobre 2022 à 15h44, mis à jour le 18 octobre 2022 à 15h44

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    travailler ensemble

    Alexandra Murcier (Nutritionniste et Diététicienne)

    Vérifié médicalement :
    18 octobre 2022

    À partir de l’année prochaine, Nutri-score présentera un nouveau design visant à guider les consommateurs vers des choix alimentaires « plus sains ». Le point sur cette évolution avec la nutritionniste et diététicienne Alexandra Murcier.

    Le Nutri-score fait partie de la vie des Français depuis 2017. Mais la note souvent critiquée a conduit à quelques mises à jour du comité du logo jusqu’en 2023.

    Le sel et le sucre seront plus « chassés »

    sur cet ordre du jour changeant? Resserrement des notes pour les produits riches en sucre ou en sel (comme les produits laitiers sucrés), distinction entre viandes rouges et volailles, et réévaluation de certains produits : poissons gras riches en oméga 3, fromages à pâte dure peu salés (ex : Emmental) et fibres -aliments riches (haricots, fruits et légumes, pâtes de lentilles rouges, etc.).

    Selon nos experts, les mises à jour ne sont pas forcément idéales.

    « Modifier le score nutritionnel est une bonne chose. Mais c’est un outil un peu réducteur, une fausse pédagogie. Si les chips ou les carottes obtiennent un ‘A’, les consommateurs ne peuvent pas penser qu’ils ne peuvent manger que ça »prévient Alexandra Murcier, puis ajoute «Cette notation n’apprend pas aux français à manger sainement en général, ni à lire les étiquettes. « 

    Un rappel nécessaire des principes du scoring nutritionnel

    Par conséquent, ce serait une mauvaise idée de diviser les aliments en deux groupes distincts – bons et mauvais. Aucun aliment ne doit être complètement banni de votre alimentation, la clé de l’équilibre est la fréquence à laquelle il est consommé. C’est aussi le principe du Nutriscore, le but n’est pas de bannir tel ou tel aliment, mais de consommer certains aliments avec modération. Rappel:

    En considérant à la fois les éléments positifs (fibres, protéines, fruits, légumes, légumineuses, noix, canola, noix et huile d’olive) et les éléments négatifs (calories, teneur en acides gras saturés, sucres simples et sel) dans l’aliment, le score total est attribué à Divers produits qui seront traduits en couleurs et en lettres. Alors que les gens passent du vert au rouge, la consommation de ces produits devra être de plus en plus restreinte. L’objectif n’est donc pas d’interdire la consommation de produits rouges, mais d’encourager une consommation modérée.

    Les additifs et les édulcorants ne sont pas distingués

    Autre fait à considérer : dans la nouvelle notation, le degré de transformation des aliments (y compris la présence d’additifs alimentaires ou d’édulcorants) ne sera pas pris en compte.

    Cependant : Les produits ultra-transformés (pépites d’or, rubans bleus, nouilles instantanées, biscuits industriels, etc.) ayant subi d’intenses transformations physiques, chimiques ou biologiques ont été accusés d’augmenter le risque global de cancer (surtout colorectal et du sein) et le risque d’obésité.

    question? Certains d’entre eux sont toujours notés « A » par le score Nutri. C’est le cas de la boîte à pâtes, dont les nombreux additifs ne sont (encore) pas pris en compte.

    A sa décharge, l’évolution du score Nutri qui prend en compte le degré de transformation des aliments sera étudiée.

    Pour ou contre le Nutri scoring ?

    Pas forcément assez pense Alexandra Murcier, pas cet outil de notation »Des campagnes de formation et de prévention doivent être menées dans les écoles, dans les entreprises… pour faire connaître la nutrition au plus grand nombre ».

    A l’inverse, les tenants du Nutri score soutiennent que le score est plus lisible que la plupart des campagnes de prévention souvent oubliées. De plus, plusieurs études ont montré que les personnes qui mangent plus d’aliments avec de bons scores nutritionnels ont un risque réduit de cancer et de décès. Des algorithmes pour attribuer des notes aux aliments ont également été développés sur la base de connaissances scientifiques éprouvées – ce qui n’en fait pas un outil fixe, mais met en évidence les dernières recherches.

    Dites non aux régimes, dites oui à WW !

    Vers l’Europe avec le Nutri-score ?

    Bien que l’agenda n’ait pas encore été fixé, la Commission européenne devrait décider, sous réserve d’un vote parlementaire, de l’introduction d’un « signe unique et obligatoire, coloré, composite et progressif » dans tous les États membres d’ici 2023. L’Europe est à Strasbourg. Les grandes entreprises alimentaires et certains groupes de pression du secteur agricole s’opposeraient bien sûr à de telles généralisations.

    Aujourd’hui, six pays européens (Allemagne, Pays-Bas, Espagne, Luxembourg, Belgique et Suisse) ont adopté des scores nutritionnels sur une base volontaire (les fabricants ne sont pas obligés).

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