La justice tarde-t-elle à enquêter ?
Les avocats des familles présumées des victimes de Bouytoni estiment que le parquet de Paris a mis trop de temps à agir. L’enquête initiale a commencé quatre jours après le premier rappel.
Deux mois après le premier rappel du produit par Buitoni, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire. Le délai a été trop long pour les familles des victimes présumées, qui ont décrié le « fiasco judiciaire ». « Il faut deux mois pour ouvrir une enquête, trois mois pour mener une perquisition, et même quatre mois pour nommer un juge d’instruction », a déclaré Pierre Debusson.
Le 12 mars, l’agence française de santé publique a annoncé que deux enfants étaient décédés après une grave contamination à E. 50 cas confirmés ont ensuite été identifiés. Aujourd’hui, ce nombre monte à 56 sans établir de lien de causalité direct entre la consommation de pizza et la consommation.
Buitoni a commencé à rappeler les produits le 18 mars après avoir appris la présence de bactéries dans sa gamme de pizzas Fraich’up. Depuis, les collections « Four à Pierre » et « Bella Napoli » sont dans le radar des consommateurs. Plainte a été déposée. Début avril, après « deux inspections sanitaires approfondies », le gouverneur du comté du nord a interdit à l’usine d’une division de produire des pizzas avec un ordre du comté.
Enquête lancée en mars
La justice a enquêté sur l’affaire en mars dernier. À compter du 22 mars, mener des enquêtes préliminaires pour « homicide involontaire », « blessures involontaires », « fraude au fret », « exposition ou vente d’aliments dangereux pour la santé corrompus ou contrefaits », « ventes de produits dangereux pour la santé » et « mise en danger de autres ».
L’enquête a été confiée à la gendarmerie de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp). Le 13 avril, une perquisition a été menée à l’usine Buitoni de Cordry, dans le nord, sous la conduite d’un magistrat du pôle santé du parquet spécialisé en matière de santé publique de Paris.
« Pour que la justice soit efficace, il faut qu’elle soit rapide, j’ai surtout pensé aux perquisitions nécessaires, il faut confisquer les fichiers informatiques au siège de Nestlé, il faut les faire immédiatement (…) et pour la présentation de la vérité être un vrai problème », n’a pas laissé Me Debuisson s’en tirer.
Vérification des plaintes
Pendant ce temps, le parquet de Paris continue de recevoir des plaintes. Plaintes qui nécessitent une enquête. D’autres ont été déférés aux procureurs locaux. À chaque fois, une première enquête a été menée localement, notamment pour vérifier que le plaignant avait mangé la pizza en question et était victime d’E. coli. Si tel est le cas, ils se dessaisiront au profit de la cellule de santé publique du parquet de Paris.
En conséquence, le parquet de Paris a choisi de conserver le dossier dans le cadre d’une enquête préliminaire dans l’attente d’une information judiciaire. Ainsi, les premières plaintes ont été traitées par des magistrats spécialisés dans les affaires de santé publique. Cela laisse également le temps aux plaintes locales de « s’aggraver ». Enfin, le juge d’instruction nouvellement nommé, qui vient de se voir confier le vaste dossier, dispose du premier élément de l’instruction.
De nouvelles recherches arrivent
L’évolution du cadre procédural, des enquêtes préliminaires menées par le Parquet aux enquêtes judiciaires menées par les juges d’instruction, a eu peu d’impact sur le déroulement des enquêtes. En outre, l’unité d’enquête de la gendarmerie d’Oclaesp reste responsable de l’exécution des actes de procédure. Des perquisitions supplémentaires devraient avoir lieu dans les prochaines semaines, et les éléments saisis doivent encore être analysés.
Aujourd’hui, les autorités enquêtent sur 15 cas, dont un homicide involontaire et 14 blessures accidentelles. Une source de BFMTV a noté que le nombre va changer rapidement car les plaintes « sont partout en France ». Le cas échéant, le parquet de Paris établira des réquisitoires complémentaires pour permettre au juge de la mise en état de traiter ces nouvelles affaires.
Vincent Vantighem et Justine Chevalier
