Le ministère de l’Agriculture dirige la « police unique »
La Primature a donné son feu vert à la création d’une police unique de la sécurité sanitaire des aliments, regroupant les personnels de Bercy et ceux du ministère de l’Agriculture.
Le ministère de l’Agriculture dirigera la formation d’une « police unique » chargée des contrôles de sécurité sanitaire des aliments à partir de l’année prochaine, en retirant des agents de la Direction de la répression des fraudes (DGCCRF), a-t-on annoncé jeudi dans un courriel interne.
« La Primature a pris des mesures pour créer une police unique chargée de la sécurité sanitaire des aliments en transférant des compétences du ministère de l’Économie et des Finances au ministère de l’Agriculture », expliquait la direction générale, DGCCRF affiliée à Bercy, à la date de ce lettre C’est mercredi.
A partir du 1er janvier 2023, le « transfert de 60 emplois de la DGCCRF à la Direction générale de l’alimentation (DGAL) » vise à améliorer l’efficacité des contrôles et à clarifier les capacités des deux entités.
Le « coup de foudre » des syndicats
Solidaires CCRF & SCL, le premier syndicat à la DGGCRF, ont expliqué que leur futur transfert avait été informé par mail mercredi sans concertation sociale préalable, ce qui a provoqué un « tonnerre ».
« L’une des dernières décisions politiques de MM. Castex, Le Maire et Denormandie a été de casser le service public de sécurité sanitaire des aliments en dehors de tout débat public », a regretté le syndicat dans un communiqué.
Pour lui, l’émotion suscitée par le récent scandale alimentaire a conduit aujourd’hui au « sacrifice d’un bouc émissaire administratif », sans mettre en cause la responsabilité de l’industrie agroalimentaire.
« Si des fraudes surviennent, c’est parce qu’elles génèrent un profit économique », a-t-il ajouté, déplorant la séparation des deux fonctions.
autorité unique
Les scandales liés aux épidémies de salmonellose en Europe de pizzas Buitoni et Kinder contaminées par E. coli ont soulevé des questions sur les contrôles sur les sites de production alimentaire, qui reposent en grande partie sur des procédures industrielles internes.
Après l’incident de Lactalis en 2017 et la contamination du lait maternisé par la salmonelle, une commission d’enquête a appelé l’État à mettre fin à sa « guerre policière » sur les contrôles de sécurité alimentaire, et au ministère de l’Agriculture.
Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, qui s’y était alors opposé, a remis l’idée à l’ordre du jour mi-avril, appelant à la création d’une « police de la sécurité alimentaire » qui associerait Bercy et le ministère de l’Agriculture.
